Quelle polissonne, cette Clairette!

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Article Posté dans : Envies du pays par anneserres le 13 juillet 2010 à 18:12
Quelle polissonne cette Clairette !

Quelle polissonne cette Clairette !

Je relis mon article beaucoup trop long sur ce week end à Beaucaire (et il y avait encore beaucoup plus à dire!) et je félicite ceux qui ont lu jusqu’au bout ! Et puis vite fait je vous présente ceux qui manquent. A commencer par les Premiers Frissons craquants de la Clairette que les Vignerons Créateurs de Jonquières Saint-Vincent et consorts sont allés vous cueillir à la fin d’octobre venue. Un vin né en octobre ne peut être un mauvais vin, comme rien de ce qui naît en octobre à ma connaissance. Oui, moi aussi, le 8 :).

Mais comment l’appeler ? Compliqué de parler de vendanges tardives, surtout sans en parler puisque c’est interdit dans ce cas de figure… Passerillage ça fait persillade et persiflage… Malicieux, le directeur de la cave, Christian Gourjon, s’est expliqué : “Je me suis souvenu, quand on a vendangé, fin octobre, on a fait “Brrrr”… Et puis hé, vous avez bien compris! Premier Frisson ça nous a plu parce que c’est polisson !”

Côté polissonnerie, la Clairette Frissonnette est à la hauteur de sa promesse, gourmande toute en fraîcheur sur son nez entre pastèque, menthe poivrée et verveine citronnée et sa bouche aussi généreuse qu’aérienne. Voilà une coquine liquoreuse que je marierai avec mon foie gras fripon ! Et ça n’aura rien d’un mariage trop convenu !

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Tags: beaucaire, clairette, vendange tardive

C’est le Bonheur à Beaucaire

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Article Posté dans : Envies du pays, Non classé par anneserres le 8 juillet 2010 à 12:18

Et si le bonheur était beaucairois ? C’est la réflexion que je me faisais le week-end passé lors d’une ballade en Terre d’Argence brillamment orchestrée par Lina Castro de l’Office du Tourisme de Beaucaire (dont le site Internet est ici). Entre Camargue et Provence, la campagne de Beaucaire est belle. Toisant Tarascon et les Bouches-du-Rhône qui lui font face de l’autre côté du fleuve, la ville est fascinante, avec son canal, ses hôtels particuliers de drapiers, son château et son musée archéologique, son histoire qui vous emporte de la Gaule Narbonnaise aux foires, du Moyen-Age à l’époque Moderne avant d’aboutir sur une ère industrielle et industrieuse où Beaucaire a su conserver l’amour des chevaux et du vin, avec un peu du patois provençal qu’on comprend jusqu’à Toulouse. Je ferai des portraits plus précis pour terredevins.com et ne manquerai pas de vous convier à les lire. Mais je voulais vous livrer plus vite mes coups de coeur.

D’abord, pour la lecture et la culture et parce qu’il est partout présent à Beaucaire, un peu de Daudet, de Moulin et de Diligence, retrouvons nos classiques en cliquant ici.

Ensuite, les nourritures terrestres restant indispensables et pas seulement à notre corps surtout quand c’est si bon, trois adresses : une auberge de campagne, De la Graine à l’Assiette (8 route de Mézoargues à Vallabrègues, seule commune du Gard de l’autre côté du Rhône, où se trouvent aussi les très belles chambres d’hôte où nous logions, celles du Mas de l’Ilon). On y déguste les fruits et légumes produits par Monsieur Marin, cuisinés par Madame Marin et servis par Junior Marin. Et c’est délicieux, toujours de saison et cela m’est cher, à l’image de ce menu entamé sur une redécouverte de la courgette, roulée, farcie ou moulinée avec une boule de glace à l’huile d’olive (notez la Promenade sous les Pêchers, un cocktail vin blanc-pèches blanches à tomber par terre et en pleine saison, toujours).

graineassiettemenu

Miam! Je voulais retourner y manger tous les jours, mais c’était avant de découvrir qu’il faudrait faire un jour sur deux avec la cuisine du marché de l’Auberge de l’Amandin (1076 Chemin de la Croix de Marbre à Beaucaire), son patron passionné, sa plancha qui sert aussi bien les poissons sauvages de Méditerranée que le cochon ibérique… Un vrai régal dans un jardin en bord de piscine avec un service aussi gentil que compétent.

Côté vins, si je devais n’en retenir qu’un de chaque visite, ce serait :

turiculae- Dans la catégorie Ici et Nulle Part Ailleurs, le Turriculae du Domaine des Tourelles, un vin blanc oxydatif enfermé dans une bouteille qui rappelle le Jura et fabriqué selon une recette de Columelle. Columelle n’est pas un champignon des prés mais un agronome latin du Ier siècle. Le Turiculae est produit à partir de cépages blancs plantés à la romaine (en échalas, en pergolas ou sur un olivier), vendangé par des esclaves volontaires en tunique, pressé dans un pressoir en bois reconstitué selon la méthode du regretté Caton l’Ancien, vinifié en diellae (grandes amphores à fond plat), bâtonné au fouet de fenouil, agrémenté de fenugrec et de poudre de rhizome d’iris. Et bien c’est délicieux et dès que reviendront les morilles ça discutera sévère avec ces demoiselles et une belle volaille… Ne pas manquer les vins d’aujourd’hui, et notamment la Syrah de la Grande Cuvée (9,80 quel que soit le millésime. 2004 est une merveille d’élégance, 2005 une tuerie d’exubérance). On avait dit un seul vin. Stop, donc.

oiseauxrares- Dans la catégorie Drôles d’Oiseaux, les Vignerons Créateurs des caves réunies de Jonquière, Saint-Gilles, Bellegarde et Manduel m’ont fait craquer avec leurs Oiseaux Rares, étiquette créée en l’honneur de quelques couples qui ont mis huit mois dans la vue aux travaux du futur site de vinification des vignerons. Ces derniers sont sans rancune et ont pris le parti de ces espèces protégées aux noms impossibles d’Outarde Canepetière, d’Oedicmène Criard ou de Rollier d’Europe. Si vous passez par la cave, ne manquez pas non plus les Premiers Frissons d’une Clairette friponne en vendanges tardives, le Moulin Piot en bio, ou la Clairette de Bellegarde de la cave de Bellegarde, merveilleuse de rondeur, de plénitude, comme de fraîcheur, et d’un rapport qualité-prix imbattable. J’avais dit une seule référence, je m’arrête donc là.

mourguedugres- Dans la catégorie Grenache Mon Amour, le Domaine Mourgues du Grès m’a sciée avec son Terre de Feu, une cuvée à dominante Grenache, née en 2003, qui lui a donné sa référence pyrique. Et oui, ce vin, c’est du feu, un feu généreux, opulent, épicé comme un beau Grenache qu’il est ; je ne peux pas ne pas évoquer les trois rosés de la maison, un pour l’apéro, frais et floral (Fleur d’Eglantine à 70 % Mourvèdre), un pour la table (Galets Rosés, un rosé de saignée à dominante Grenache Syrah) et les Capitelles, un rosé, là encore dominé par le Mourvèdre fermenté en partie dans du bois, destiné à la gastronomie et apte à la garde. Etonnant, pas du tout marqué par le bois, seulement doté de plus de souffle et de complexité, et pour tout dire délicieux.

Les vins du domaine Tavernel, y compris sur la gauche, les rarissimes Coulisses, en vendanges tardives rouge et leur co-créatrice, Denise Compagne

Les vins du domaine Tavernel, y compris sur la gauche, les rarissimes Coulisses, en vendanges tardives rouge et leur co-créatrice, Denise Compagne

- Dans la catégorie Assemblages et Cépages A Croquer, le Domaine de Tavernel prodigue des vins issus de raisins bio pour 3 € la bouteille en Vin de Pays du Gard ; je retiens son Blanc (Muscat-Vermentino) aromatique et frais et son rosé issu de Caladoc, cépage maudit dans la Vallée du Rhône qui donne ici de très beaux résultats à faible degré sur des rendements élevés pour un rapport qualité-prix imbattable. Homophonie oblige, ce cépage qu’on croque rappelle le Croque Karadoc d’une série qui m’est chère, ce qui ajoute encore à la sympathie qu’il m’inspire. Vous noterez sur la photo la longue bouteille sur la gauche, elle renferme une rareté de vin rouge issue de grenache passerillé qu’on n’achète qu’au domaine (15€) et qui est une splendeur épicée et florale en bleu, avec des arômes d’iris et de gentiane.

Si vous voulez prendre rendez-vous avec Beaucaire, elle fait sa fête autour du 21 juillet, avec courses de taureaux et animations partout, n’hésitez pas à contacter l’Office du Tourisme!

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Tags: beaucaire, clairette, costières, nîmes

Pas de pitié pour les Couscouilles !

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Article Posté dans : Envies du pays, été par anneserres le 28 juin 2010 à 10:04

Connaissez-vous la Couscouille ? Et si on vous propose, en vous accueillant pour le week-end au bercail familial de Saint-Paul de Fenouillet, de partir dès le lendemain matin à la Couscouille, quelle serait votre réaction ? “La Couscouille, c’est ce gastéropode farceur, cousin de la Clapiotte, non ?”… “Mais non, c’est une plante de montagne, la Couscouille!”… “Ah, oui, c’est la fameuse herbe à Dahu?”…Après deux heures de route et un peu de marche, on arrive, au-dessus de Formiguères, station de ski de Catalogne Française. Le paysage est à couper le souffle.

Sur ces jolis pentes, sous les genêts, se tapit la Couscouille

Sur ces jolis pentes, sous les genêts, se tapit la Couscouille

Mais il faut grimper et débusquer la Couscouille. Car elle existe ! Cette plante rare et précieuse pousse au coeur des Pyrénées, pendant une dizaine de jours par an, en général autour de la Saint-Jean. Encore que ce rapprochement soit parfois contesté (voir notamment ici), la Couscouille serait la forme sauvage de l’Angélique, marquise des fruits confits, et répondrait au nom d’Angélique sauvage ou Silvestre. Je resterai sur Couscouille car c’est plus fripon.

La voici :

Quand enfin paraît la Fleur de Couscouille

Quand enfin paraît la Fleur de Couscouille

… Il n’y a plus qu’à la cueillir la fleur au plus près de la racine (en faisant bien attention car la vipère se plaît à l’ombre fraîche de la Couscouille). On en remplit son panier préféré, puis on trie pour ne garder que les tiges. Vient alors le moment béni où le panier plein contemple la montagne.

C'est le moment de se dire qu'on est bien peu de choses

C'est le moment de se dire qu'on est bien peu de choses

Puis retour à la maison en passant par la case pique-nique aux boudins catalans (le blanc et le noir) et première dégustation de Couscouilles fraîchement cueillies. On les pèle, on les coupe en tronçons qu’on fend à moitié dans la longueur puis on les plonge dans l’eau froide jusqu’à ce qu’elles s’ouvrent. Huile d’olive, sel, poivre. Et on se rend compte que l’Angélique confite a bien le goût de quelque chose, en appréciant le parfum subtil de la Couscouille. On se dit “ça n’a pas de goût… Ah si!… hé mais, ça reste!”. Belle longueur en bouche et arôme très frais.

Tadaaaaaaaaaa!

Tadaaaaaaaaaa!

Et que boit-on avec ça ? Du Grenache Gris, mes chers amis, surtout si on ne vinaigre pas les Couscouilles. On peut le trouver, merveilleux, en Catalogne du côté de Collioure. Il s’exprime aussi très fort sur les terres occitanes des Fenouillèdes, du côté de Maury. Je n’en avais pas (snif!) mais suis revenue de Saint-Paul avec un carton de l’AOC blanc de la Coopé de Maury, et le combo sans bois Grenache (blanc)-Maccabeu s’est fait très copain avec les Couscouilles, histoire de prolonger le week end encore un peu…

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Tags: boudin, Catalogne, Couscouille, Fenouillèdes, Maury

Réassurons-nous !

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Article Posté dans : Humeur, Lexique taquin par anneserres le 23 juin 2010 à 18:41

Attention, voici un mot à la mode, débarqué d’un anglicisme laid, qu’on peut qualifier de barbarisme et qui s’arroge une existence sur nos carnets de dégustation par le truchement d’une appellation réformée, celle des vins sans appellation, justement, que dis-je, sans même une indication géographique protégée ! Car les vins de France, ex-vins de table, actuels Vins Sans Indication Géographique (VSIG) avec mention de cépage, faisaient leur show hier à Paris, au Crillon. Je n’y étais pas, mais mon pote le Zinzin y était. La qualité des vins n’est pas en cause, on garde cependant en tête  un argument dont la formulation écorche: “les nouveaux consommateurs achètent du cépage avec la réassurance de la mention vin de France”.

Août 2005 : Katrina est dans le Golfe du Mexique, je suis dans la réassurance, mais le verre est pour ma pomme

Août 2005 : Katrina est dans le Golfe du Mexique, je suis dans la réassurance, mais le verre est pour ma pomme

Je dis “non”! Je n’aime pas faire mon Jack Allgood, mais là c’est trop. Je n’ai pas vécu presque un an de communication interne au sein d’une entreprise de réassurance (juste entre l’ouragan Katrina et la revente de la société à un fonds de pension bermudien, c’est vous dire si ce fut léger) pour laisser passer un tel clin d’oeil.

En français, la réassurance est une opération par laquelle “une compagnie d’assurance se fait garantir par une autre compagnie pour se couvrir d’une partie des risques”. C’est tout.

En anglais, on traduit réassurance par “reinsurance”. Mais le terme “reassurance” (prononcer “riashouwannce” pour être sûr de ne pas confondre) existe aussi. Il désigne des garanties légales qui rassurent (mais ne valent pas contrat de réassurance) en même temps que le réconfort qu’on apporte à ses proches quand ils sont dans le besoin. C’est donc avec ce double-sens anglophone qu’on veut nous assurer (pour commencer) de la qualité des VSIG avec mention de cépage. Messieurs-dames les communicons, attention, vous sous-entendez que le réassureur Vin de France s’est engagé à couvrir tout ou partie des risques des polices de l’assureur Cépages. En terme de dommage, de lien de causalité et de fait déclencheur vous avez bien tout calculé avec vos actuaires ?

Oui, bon je reconnais que cette spéciale dédicace n’épargnait pas les mouches. Mais on ne peut pas tout oublier de ses vies antérieures !

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Tags: vins de france

Epatante Pharmacie

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Article Posté dans : Restaurants par anneserres le 22 juin 2010 à 18:38

Second coup de coeur de mon escapade parisienne : après un retour raté dans une brasserie que j’aimais près de la Concorde et où nous avons souffert un authentique accueil de brasseur parisien sur l’air de “j’ai pas l’temps et j’te pousse”, j’étais plutôt circonspecte sur les endroits que j’avais réellement envie de revoir au risque d’être si déçue.

pharmacie

Le Willie’s Wine Bar et son acolyte Macéo étant réservés aux agapes arrosées du jus de belles bouteilles, je cherchais une adresse pour un déjeuner sans façon et au pichet, mais pas sans charme. Nous marchions sans histoire sur le boulevard Voltaire (le 11ème, cet inconnu, pour moi !) quand, au croisement d’une rue adjacente, nous avons découvert cette Pharmacie à retenir. D’abord, la devanture : de ces établissements qui reprennent les vieux planchers, les vieux comptoirs, les vieilles affiches, je ne me lasse pas. Puis coup de coeur pour une carte courte et simple avec son brin de fantaisie, ses formules du jour inspirées (une merveilleuse salade aux foies de volailles déglacés au vinaigre de framboise avant d’embrayer sur la bavette aux pommes grenailles, sous la fraîcheur framboise (justement) d’un très joli Cheverny au verre), sa cuisine dans la salle, tout près de vous mais pas trop, son décor rétro et son personnel aussi adorable que compétent. Je n’y ai pas d’actions mais à 12,90 € la formule entrée-plat c’est un des meilleurs rapport qualité-prix de Paris, j’en suis convaincue, surtout quand la qualité du sourire n’a pas de prix (non mais c’est vrai ça, ils sont fous ces Parisiens!). Et la carte des vins recèle quelques pépites qui valent la peine qu’on regarde plus loin que le pichet…

Sur ce je retourne à mes grands verres et à mes petits plats, car les bonnes adresses, c’est le rayon des Zinzins (le blog des Zinzins du Zinc, c’est là !).

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Tags: Paris; restaurant; Pharmacie

Okonomiyaki : grillez ce qui vous plaît

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Article Posté dans : Restaurants par anneserres le à 16:45

La Reine du Cassoulet a un aveu à vous faire : pour être toulousaine d’adoption aux fourneaux on n’en est pas moins femme au bureau. Femme à plats légers et tendance, femme à sushis, bien sûr. Comme toute salariée parisienne, j’ai appris à me nourrir exclusivement de poisson cru les jours de semaine, devant mon ordinateur. Mais bien avant cela, j’ai mangé mon premier sushi en 1995, rue Monsieur Le Prince, tout près de ma chère Sorbonne. A cette époque, la gastronomie japonaise se réduisait dans l’esprit de mes congénères à “déjà le poisson, bof, mais alors cru…”.

Oui les choses ont changé. Quelques années plus tard, en quittant Paris pour Montpellier, j’ai compris qu’il y aurait toujours un décalage mais que tout finirait par arriver : pas un seul livreur de sushis en 2007, ils ont fleuri en trois ans et sont pléthore aujourd’hui ! J’ajoute, pour en finir avec mes parisianismes à deux sous, que l’un des seuls restaurants japonais qui existait alors, le Petit Tokyo, existait depuis longtemps, existe toujours, est tenu par des Japonais  et vous propose un service assis et des sushis merveilleux (bien meilleurs que tout ce que j’ai pu manger à Paris) au point que je m’étais dit “il y a un Gibert place de la pref et un bon restaurant de sushi, c’est plié, je reste”. Car plus me plaît mon Petit Tokyo que la tour Montparnasse.

Tout ça pour dire que je me surprend à espérer que très bientôt, les abords immédiats de l’Opéra Comédie comprennent une rue comparable à la rue Saint-Anne, entre l’Opéra et le Palais-Royal… Car la gastronomie nippone s’y illustre d’une manière toujours plus fidèle à l’original. Et c’est comme ça que j’ai pu goûter des Okonomyaki à l’occasion d’une récente visite à Paris.

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Il manque un mouvement : celui de la danse des copeaux de bonite !

Bien sûr vous connaissez les sushis : une bouchée de riz surmontée d’une garniture, en général une tranche de poisson cru et une once de wasabi entre les deux (la moutarde verte qui débouche les sinus sans laisser de sensation de brûlure). Vous connaissez aussi les maki et futo-maki : des rouleaux d’algue noire garnis de riz et de poisson/avocat/légumes divers… Les sashimi (tranche de poisson cru toute seule) c’est vraiment trop simple, tout comme les tempura (friture) et les yakitori (brochettes) qui sont le refuge de ceux qui n’aiment pas le poisson. Continuons voulez-vous ? Avec les ramen (qu’on écrit aussi “lamen”, car le japonais ne distingue par le “l” du “r”), des pâtes qu’on déguste chaudes ou froides, dans leur bouillon, mais aussi les udon (à base de blé) et les soba (à base de sarrasin), toutes des pâtes de différentes tailles et issues de différentes farines… Le tonkatsu (j’adore ce mot!) ou porc pané… Bref, vous l’aurez compris, la gastronomie japonaise fourmille de spécialités et, au Japon, un restaurant consacré à l’une propose rarement les autres. C’est ce qu’on constate rue Saint-Anne. Et c’est ainsi qu’au lieu d’une enfilade de restaurants à sushis, nous avons découvert vingt spécialités et autant de restaurants. Il y en a une que je voulais vraiment goûter, l’Okonomiyaki.

En japonais, “okonomi” signifie “tout ce que vous voulez”, et “yaki” signifie “grillé”. Cette joyeuse omelette de tout (chou, flocons de pomme de terre et farine de crevette entrent dans la composition), posée dans un plat en fonte brûlant, où l’on a au préalable déposé une tranche de lard, chante dans sa curieuse assiette, sous sa couche de sauce barbecue et ses copeaux de bonite séchée qui dansent… Aucune découverte côté accord mets-vin car cette cuisine sucrée-salée-fumée s’accorde surtout bien avec une bière, japonaise, bien sûr. Il y aurait quelque chose à explorer du côté des vins effervescents, j’en suis convaincue et le débat est ouvert.

Mais puisqu’on parle (aussi) de vins japonais, j’espère vous parler très bientôt de vins blancs tout à fait inhabituels que produit le pays du Soleil Levant !

Et pour goûter les Okonomiyaki, rendez-vous chez Aki, 11 bis rue Saint-Anne, dans le Ier arrondissement.

PS : Et pour un petit rappel à ceux qui ont aimé les mangas : les pelles à Okonomyiaki sont l’emblème et l’arme de Ukyô (Frédérique ?) dans Ranma 1/2 et le nom de Krilin, le copain de Songoku est un dérivé de la bière Kirin (souvenez-vous : le japonais ne distingue pas le “r” du “l”). Voila pour la page des Anciens du Club Dorothée, qu’on referme en rougissant, parce que le temps passe :-)…

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Tags: Japon, okonomiyaki, ranma, sushi

Mas de l’Ecriture : bons vins, mots doux et vice versa

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Article Posté dans : degustation par anneserres le 14 juin 2010 à 18:24

Quand on est invité place Chabaneau, on dit oui et on arrive à l’heure. Dans le magnifique appartement que partagent comptables, graphistes, architectes et communicants, j’ai pu assister à quelques unes des soirées les plus en vue de Montpellier.C’est là que Pascal Fulla a présenté les vins de son Mas de l’Ecriture il n’y a pas dix jours, en vente privée.

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Il était ce soir-là assailli de questions : son vin a rencontré, il me semble, le succès qu’ils méritent l’un comme l’autre. Dans une petite salle sur le côté, loin du tumulte, j’ai pu m’entretenir avec son chef de culture, Patrice Giorello. Intarissable sur la vigne, Patrice préfèrerait que ce soit Pascal qui parle de la vinification. Après avoir dégusté les quatre vins du domaine, j’avoue mon faible pour le tout premier, l’Emotion (Occitane) 2006 (10 € au domaine), un vin de mûre et de bigarreau, très équilibré dans sa rondeur. Miam. Confidence de Patrice : “Ce vin là j’en ai encore envie à quatre heures du matin le premier de l’an, quand toutes les autres bouteilles sont vides”, c’est bien ça, un vin qu’on boit sans soif, qui redonne courage aux papilles fatiguées, juste par le plaisir de son équilibre. C’est le premier vin de la collection, un premier chapitre plus qu’un prologue et surement pas un bas (ou une entrée) de gamme : une entrée en matière, si vous y tenez.

Viennent ensuite les Pensées (2006, 19 € au domaine), à dominante de grenache noir et avec pas mal de cinsault et de syrah, sucré un peu, gourmand beaucoup et tout en finesse : c’est le tour de force qu’on attend des vins d’ici et que Pascal Fulla réussit brillamment. L’Ecriture (2004, 31 €) offre ensuite la même gourmandise côté puissance : les Pensées sont alanguies, coquines, charmeuses ; l’Ecriture est au garde à vous, telle la plume prête à fondre sur le papier sans défense. Le mourvèdre, cépage à succès si capricieux, lui donne ses épices généreuses : pour être sûr qu’il arrive à maturité, Patrice Giorello ne laisse qu’une grappe par pied ! La visite se termine par le Message Personnel (19€), produit uniquement les années exeptionnelles (ici un 2005) fait à 75 % de syrah et élevé 24 mois en barriques et demi-muids. Le bois, encore très présent, coupe un peu l’élan du vin en bouche, mais quelle matière sous la pédale d’accélérateur.

Bien sûr j’ai un faible pour l’Emotion, mais après les avoir regoûtés (tout en crachant, ne vous inquiétez pas) mon faible les gagne tous et j’aimerais attendre de relire le Message Personnel dans deux ou cinq ans. Le tout servi sur un somptueux comté et un jamon iberico en fines tranches crénelées de la coupe au couteau, je ne vous dis que ça… Quel dur métier !

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Forza Italia !

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Article Posté dans : degustation, italie par anneserres le 3 juin 2010 à 16:34

Intense émotion l’autre soir chez Michèle et José. Michèle et José sont oenologues et ont des copains de promo oenologues qu’ils réunissent pour des séances de dégustation où je prends force notes et où j’apprends beaucoup ! Mais ce soir-là, Michèle et José avaient convié des Italiens. Entendez des vins italiens.

Dal Forno, Déi, Ornellaia... On ne se trompe pas !

Dal Forno, Déi, Ornellaia… On ne se trompe pas !

Si j’ai appris le vin entre le Roussillon et Bordeaux, si j’ai compris le vin en Bourgogne et en Alsace, si je le pratique en Languedoc, en bord de Loire et jusqu’en Afrique du Sud, croyez-moi je l’aime d’amour en Italie… En Toscane, ce fut la découverte du sangiovese et des foudres, l’exploration d’un autre cabernet, d’un autre merlot, d’une autre syrah… Dans le Piémont vint le temps de tracer des parrallèles courbes et des perpendiculaires péremptoires entre le nebbiolo et le barbera… Autour de Naples, départ à la rencontre d’immenses vins blancs, de rouges d’aglianico où l’enjeu c’est le jus, de grandes vignes palissées qui dansent la vigne au pied des volcans… Oui, il faudra que je vous en dise plus car c’est frustrant, cet inventaire.

Là chez Michèle et José, les vins étaient là et bien là et pas seulement effleurés du bout de l’allusion ! Le Primitivo (plus connu sous d’autres latitudes sous le nom de scène de Zinfandel) des Pouilles a marqué des points avec la maison Miali : un régal de croquant, de finesse de texture, le fruit est pur, droit, très juteux sur la framboise et la mûre avec des accents poivrés qui font miam. Depuis le Piémont, le Barbera d’Asti de la maison Ricossa a également fait forte impression, dans un style très élégant, marqué par l’acidité très fraîche et le fruit très pur. Je retiens enfin le Vino Nobile di Montepulciano de la Toscane Maria-Caterina Déi, dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler (il était question de coufire, vous vous souvenez ?). Car c’est bon de confirmer à l’aveugle l’amour qu’on a d’un vin qu’on connaît, produit par quelqu’un qu’on connaît!

Nous avons donc une référence de l’extrême-Sud de l’Italie, une du Nord et une du coeur… Ajoutons, hors-concours, hors-tout, en réalité, l’Amarone de Romano Dal Forno, millésime 2000. A la hauteur de la légende : profond comme un la mineur de contrebasse, riche d’arôme de fruits secs, en commençant par le raisin, en poursuivant sur la figue, parfaitement équilibré du haut de ses 19° d’alcool et de son acidité à la hauteur. PEtite explication : l’Amarone est produit en Valpolicella, avec les cépages corvina, rondinella et molinara ; on vendange les raisins avant de mettre une partie de la récolte à passeriller et on vinifie le tout quelques semaines plus tard, en sec. Donc les jus, concentrés en sucre, que l’on transforme entièrement en alcool, donnent un vin chargé en alcool, mais aussi en gras et en acidité, un vin de superlatifs. Mais sans écoeurement…

Michèle a laissé chacun repartir avec une bouteille entamée… J’ai pris celle de Dal Forno. Le lendemain c’était encore plus voluptueux!

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Tags: amarone, italie, montepulciano, pouille, toscane

Citadelles du Vin, citoyens du monde

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Article Posté dans : degustation par anneserres le 18 mai 2010 à 16:23

Ca commence comme une blague “Alors c’est deux Française, une Espagnole, un Australien et un Hongrois qui se retrouvent à Bourg…”. Dans une salle composée de six autres attelages tout aussi hétérogènes, ce Club des Cinq a, trois jours durant, dégusté des vins venus de tous les pays du monde.

Beatriz, notre sommelier, notre assesseur, votre fine gueule, Dave, Marie-Laurence et Peter

Beatriz, notre sommelier, notre assesseur, votre fine gueule, Dave, Marie-Laurence et Peter

Marie-Laurence, Beatriz, Dave, Peter et Anne n’ont pas ménagé leurs efforts. Et, en tant que présidente du jury (s’il vous plaît), j’ai pu étudier de près de fascinantes convergences et divergences de goût. En particulier sur deux sessions : l’une a soumis à notre jugement impartial (car aveugle!) des Vins de Pays de Grèce en blanc (sec) ; l’autre, des rouges des Etats-Unis, d’Afrique du Sud et du Brésil. Elles sont arrivées le deuxième jour, après deux premières sessions qui m’avaient permis de constater, sur des vins rouges plutôt médiocres, de grands écarts entre les notes attribués par les membres du jury… Mais sans réelle cohérence dans le tout.

Or, là, sur ces vins blancs grecs beaucoup plus convaincants, on a enfin commencé à y voir clair. Les trois femmes étaient systématiquement d’accord entre elles, et les deux hommes entre eux. La question des sexes du vin et du goût m’agaçant profondément à la longue, je constate mais ne pipe mot.

Sur les rouges américains, sud-africains et brésiliens, il y a eu fort à faire pour définir la qualité des tannins en présence. Là où Marie-Laurence et moi-même avons trouvé les tannins secs, voire durs, Beatriz et Peter saluaient leur poigne à coups de croix dans les cases Excellent. Entre les deux, le goût de Dave, lui, balançait pour mieux nous départager… Alors, oui, je crois que c’est un peu plus compliqué, entre nature et culture et vous m’en voyez ravie.

Bonheur aussi d’un concours collégial pour tous les amoureux du juste milieu ! Hervé Lalau, qui en fut aussi, peut d’ailleurs vous en parler, il le fait sur le blog qu’il partage avec quatre compères, avec qui il forme les 5 du vin !

En tout, quelques excellents jours, passés en excellente compagnie (un grand “bonjour, merci et à bientôt” aux organisateurs ainsi qu’aux participants).

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Sauvignon, mon amour : chacun cherche son chat

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Article Posté dans : degustation par anneserres le 7 avril 2010 à 16:07

Est-ce vraiment le jour de passer à confesse ? Peut-être… Bon, j’avoue, je n’aime pas le Sauvignon. Bien sûr, c’est trop réducteur (encore qu’un milieu réducteur lui soit habituellement favorable, ha ha ha! ) : disons que je n’aime pas penser à mon chat quand je bois du vin. Et, en ce qui concerne le Sauvignon, les arômes à la mode vont du fruit exotique (la papaye ou la goyave, pour ceux qui en ont respiré récemment) au pipi de chat en passant par le buis.

Comment peut-on confondre, me demanderez-vous ? Mais souvenez-vous de votre dernière balade en sous-bois, ou à proximité d’une haie de buis, au cimetière ou sur un parvis lambda ? Ne vous êtes-vous pas dit “ah! Ca sent le pipi de chat! Ah mais non, c’est le buis…”. Souvenez-vous de votre dernier sniff d’un jus de fruit sobrement intitulé “cocktail exotique”. Ne vous êtes-vous pas dit “Ah! Ca sent le Sauvignon / le pipi de chat ?” Vous, non ? Et bien moi, si! Et quand on me disait “Il y a une différence !” je ne la sentais pas… Du coup, la mode du Sauvignon me désolait, me décevait, m’atterrait… Surtout en voyant récolter au plus tôt des cépages honnêtes (Viognier ou Muscat et ne me lancez pas sur la mode du Colombard sauvignonné) pour y conserver les précurseurs de ces arômes que j’ai longtemps maudits.

Où les enfants de Saturne se fument au bois de hêtre...

Où les enfants de Saturne se fument au bois de hêtre…

A me lire, vous devez vous dire que je n’ai pas abordé la dégustation de Saturne, le Sauvignon de Virgile Joly dans les meilleures dispositions. Et comme vous avez raison. Ajoutez à cela qu’il a eu l’ouverture d’esprit de le proposer à l’appui de quelques tranches d’anguille fumée. Or j’ai connu des rivages bataves de la riante banlieue de Rotterdam où le Sauvignon s’est vautré à chaque rencontre imposée avec les maatjes (des harengs gras qu’on déguste crus, en les tenant par la queue eu-dessus de la bouche. Amies otaries, si vous nous lisez…) et où seul des rancios secs de Jerez leur tiennent tête. “Le Sauvignon va prendre une nouvelle tannée et je serai aux premières loges”, me disais-je, donc, arrogante et naïve, convaincue d’arriver là sur un sujet connu. C’en était presque trop facile (ricanement diabolique).

Bon, on goûte ou bien ?

Que vous dire ? Sinon citer le directeur commercial de Virgile : “Hé bien, mademoiselle, si vous n’aimez pas dites-le, on vous trouvera autre chose!”. Car j’ai dévoré ces anguilles et les ai généreusement accompagnées sans craindre d’attaque de saturnisme (dé-chaî-née). Voire en l’appelant de mes voeux : l’accord était parfait, entre le fumé de l’anguille et la rondeur épicée du vin, entre la texture d’une chair ferme et l’acidité fraîche du vin.

Et j’ai aimé ce Sauvignon. Comprenez-moi bien : le Sauvignon de Virgile Joly est un vrai Sauvignon, avec du buis et de la goyave. Mais pas de litière de chat. Avec un Sauvignon comme celui-ci, la différence est nette et nous voici réconciliés. Preuve, sil en fallait une, qu’un vigneron de talent peut chasser le chat avant qu’il ne se soulage sur la goyave et le buis. C’est désormais ma quête !

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Tags: anguille, apéro, chat, goyave, saturne, sauvignon, vinisud
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