Quelle polissonne, cette Clairette! |

Quelle polissonne cette Clairette !
Je relis mon article beaucoup trop long sur ce week end à Beaucaire (et il y avait encore beaucoup plus à dire!) et je félicite ceux qui ont lu jusqu’au bout ! Et puis vite fait je vous présente ceux qui manquent. A commencer par les Premiers Frissons craquants de la Clairette que les Vignerons Créateurs de Jonquières Saint-Vincent et consorts sont allés vous cueillir à la fin d’octobre venue. Un vin né en octobre ne peut être un mauvais vin, comme rien de ce qui naît en octobre à ma connaissance. Oui, moi aussi, le 8 :).
Mais comment l’appeler ? Compliqué de parler de vendanges tardives, surtout sans en parler puisque c’est interdit dans ce cas de figure… Passerillage ça fait persillade et persiflage… Malicieux, le directeur de la cave, Christian Gourjon, s’est expliqué : “Je me suis souvenu, quand on a vendangé, fin octobre, on a fait “Brrrr”… Et puis hé, vous avez bien compris! Premier Frisson ça nous a plu parce que c’est polisson !”
Côté polissonnerie, la Clairette Frissonnette est à la hauteur de sa promesse, gourmande toute en fraîcheur sur son nez entre pastèque, menthe poivrée et verveine citronnée et sa bouche aussi généreuse qu’aérienne. Voilà une coquine liquoreuse que je marierai avec mon foie gras fripon ! Et ça n’aura rien d’un mariage trop convenu !

- Dans la catégorie Ici et Nulle Part Ailleurs, le Turriculae du Domaine des Tourelles, un vin blanc oxydatif enfermé dans une bouteille qui rappelle le Jura et fabriqué selon une recette de Columelle. Columelle n’est pas un champignon des prés mais un agronome latin du Ier siècle. Le Turiculae est produit à partir de cépages blancs plantés à la romaine (en échalas, en pergolas ou sur un olivier), vendangé par des esclaves volontaires en tunique, pressé dans un pressoir en bois reconstitué selon la méthode du regretté Caton l’Ancien, vinifié en diellae (grandes amphores à fond plat), bâtonné au fouet de fenouil, agrémenté de fenugrec et de poudre de rhizome d’iris. Et bien c’est délicieux et dès que reviendront les morilles ça discutera sévère avec ces demoiselles et une belle volaille… Ne pas manquer les vins d’aujourd’hui, et notamment la Syrah de la Grande Cuvée (9,80 quel que soit le millésime. 2004 est une merveille d’élégance, 2005 une tuerie d’exubérance). On avait dit un seul vin. Stop, donc.
- Dans la catégorie Drôles d’Oiseaux, les Vignerons Créateurs des caves réunies de Jonquière, Saint-Gilles, Bellegarde et Manduel m’ont fait craquer avec leurs Oiseaux Rares, étiquette créée en l’honneur de quelques couples qui ont mis huit mois dans la vue aux travaux du futur site de vinification des vignerons. Ces derniers sont sans rancune et ont pris le parti de ces espèces protégées aux noms impossibles d’Outarde Canepetière, d’Oedicmène Criard ou de Rollier d’Europe. Si vous passez par la cave, ne manquez pas non plus les Premiers Frissons d’une Clairette friponne en vendanges tardives, le Moulin Piot en bio, ou la Clairette de Bellegarde de la cave de Bellegarde, merveilleuse de rondeur, de plénitude, comme de fraîcheur, et d’un rapport qualité-prix imbattable. J’avais dit une seule référence, je m’arrête donc là.
- Dans la catégorie Grenache Mon Amour, le Domaine Mourgues du Grès m’a sciée avec son Terre de Feu, une cuvée à dominante Grenache, née en 2003, qui lui a donné sa référence pyrique. Et oui, ce vin, c’est du feu, un feu généreux, opulent, épicé comme un beau Grenache qu’il est ; je ne peux pas ne pas évoquer les trois rosés de la maison, un pour l’apéro, frais et floral (Fleur d’Eglantine à 70 % Mourvèdre), un pour la table (Galets Rosés, un rosé de saignée à dominante Grenache Syrah) et les Capitelles, un rosé, là encore dominé par le Mourvèdre fermenté en partie dans du bois, destiné à la gastronomie et apte à la garde. Etonnant, pas du tout marqué par le bois, seulement doté de plus de souffle et de complexité, et pour tout dire délicieux.





Second coup de coeur de mon escapade parisienne : après un retour raté dans une brasserie que j’aimais près de la Concorde et où nous avons souffert un authentique accueil de brasseur parisien sur l’air de “j’ai pas l’temps et j’te pousse”, j’étais plutôt circonspecte sur les endroits que j’avais réellement envie de revoir au risque d’être si déçue.





