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Visite de vignobles Allemand
En Basque, « Auzolan » veut dire entraide, un joli nom, car il s’agit d’un vin dégusté chez mon caviste, Canadien,
installé entre les monts du Taunus et du Vogelsberg au nord de Francfort.
Ce vin rouge Espagnol de la région de Navarre est comme bon nombre, un vin issu de l’agriculture biologique, c’est écrit sur la contre étiquette « ökologischer landbau » en trois langues. Ce n’est pas un grand vin, ni bon ni mauvais, tout simplement un vin bien fait dans l’une de ces superbes caves à l’architecture avant-gardiste que l’on rencontre dans cette région.
Plus de 10€ la bouteille pour ce vin « crianza 2006 » passe partout, sans réelle « casta » mais dont l’habillage, aux couleurs de la Navarre, est superbe … en plus c’est un vin bio !
Le surprenant, à l’opposé du sigle « Agricultural Ecologica », c’est l’étiquette rouge qui explique en espagnol, en toutes petites lettres et avec détails l’origine du nom de cette cuvée : Llavero.
Pour l’aficionado point de doute, c’est une référence, c’est le nom de ce célèbre toro de caste Aragonaise qui en 1866 dans les arènes de Saragosse montra son immense bravoure en recevant 53 piques durant sa « Lidia ». Il fut gracié et affirma la notoriété de cette lignée de « toros bravos » Navarrais longtemps recherchés pour les corridas.
Deux mondes se rencontrent grâce au vin, voilà l’alchimie que peut créer la divine bouteille. L’écologiste qui à priori refuse les spectacles de toros et appréciera ce vin à la suite d’une manifestation contre la tauromachie et l’aficionado qui boira ce nectar en revivant lors de la « tertulias » la corrida de l’après midi.
Le plus amusant dans cette histoire, est l’histoire de la race du toro bravo « Llavero ». Cette caste
provient du métissage de bétail d’Europe du nord, avec des troupeaux de « Betizus » du sud des Pyrénées apportés par les Celtes lors de leurs invasions.
Le plus triste est que la dernière vache pure race de la ganaderia de Llavero à disparue en 1972.
« Auzolan » la viticulture en a besoin, du metissage et de la bravoure comme « Llavero » aussi !
Le salon Millésime Bio a eu lieu il y a à peine un mois et c’est Vinisud qui s’annonce au même endroit au parc des expositions à Montpellier dans un climat de crise ou les producteurs cherchent désespérément des moyens plus efficaces pour promouvoir et vendre leurs bouteilles.
Depuis peu la consommation d’eau par habitant en Allemagne (130 L/an) à dépassé celle de la bière (115 L/an), alors que le vin ne représente que 25 L/an. La concurrence est grande mais les eaux minérales en bouteilles ont compris qu’avec le vin il n’y avait aucun risque, au contraire elles pouvaient tirer un bénéfice d’image que d’accompagner une dégustation de vin et toucher ainsi un public de connaisseurs et même de passionnés. C’est pour cela que les grandes marques d’eau comme Apollinaris, Selters ou
temps, situaient leur propre production et surtout m’expliquaient l’évolution de leurs vins depuis plus de 20 ans dans leurs appellations. Les goûts changent m’expliquaient ils, il faut suivre ou mourir !
J’ai eu la chance dernièrement de voyager entre Montpellier et Frankfort par une merveilleuses journée sans un nuage, le pic saint loup, les Cévennes, château neuf du pape, la vallée du Rhône, Condrieu, les Alpes toutes blanches, Beaune et ses toits verts, le jura et puis la champagne, et enfin la vallée de la Moselle avant d’atterrir sur ce plateau froid et venté de Hann ou une compagnie à bas cout exploite au milieu de nul part un ancien aéroport militaire américain dans des conditions parfois sibériennes.
La viticulture méridionale se meurt, en 2012 l’Europe Viticole certainement mais l’on discute encore dans les régions et dans les mairies de la non concurrence des énergies nouvelles avec la viticulture ou l’agriculture en général, alors que ces deux activités sont complémentaires, l’une pouvant même sauver l’autre.
Les vignerons le savent bien, le chiffre neuf est heureux en viticulture. Les millésimes du siècle dernier terminant par neuf sont souvent exceptionnels, on ne parle plus de la qualité et de l’opulence du 29 ou du 59, ni de la concentration et de la puissance des 49 et 19 sans oublier le charme du 79. Certains ont été abimés par la pluie, d’autre sauvés par une cohorte de plus de 400 vendangeurs comme à Château Lafite , l’année de l’éclipse en 1999.
Visite des vignobles Allemand
C’est ce château qui permit au général Hussard Prussien Blücher à la poursuite de Napoléon et à la tête de ses 100000 hommes, 30000 chevaux et 400 canons de franchir le Rhin, le soir du 31 décembre 1813 pour aller s’opposer au Marechal Grouchy et emporter la victoire à la bataille de Waterloo.


Il est des endroits ou l’on se sent bien et la cour de mon ami Klaus SCHERNER en est un, sous son Châtaigner on profite de la vie, on la déguste… comme ces quelques bouteilles sur la table.

Certes nous connaissons grâce au refractomètre et une petite analyse du moût, le degré potentiel et l’acidité de celui ci avant fermentation mais la seule analyse globale en laboratoire ne viendra que bien plus tard! Le nez et le palais du vigneron conduisent les différentes fermentations, l’œnologue n’est là que pour répondre a un besoin particulier. Sorti de l’université de Geisenheim, Klaus n’a pas la prétention de tout connaitre, loin de là mais il connait ces cépages, ses vignes et l’expérience acquise les années précédentes est très importante. Avec cette simplicité il produit des vins connus et reconnus par « le mundillo » du vin Allemand.
