Du Pinot sous le Châtaigner!
VENDANGES TEUTONES
Du Pinot sous le Châtaigner !
Le temps était très beau, samedi dernier, il faisait très chaud, une de ses belles soirées de juillet mais fin septembre. L’occasion de faire le dernier barbecue de l’année et une dégustation de Pinots noirs (Spätburgunder) que nous avions vendangé toute la journée.
Est ce mon début de carrière à Château Lafite?, qui me fait plus apprécier les Cabernets Sauvignon et les Merlots bordelais mais j’ai toujours eu du mal à comprendre et apprécier ces Pinots et ces vins de Bourgogne n’y retrouvant aucunes caractéristiques des vins que j’aime. J’ai longtemps cru que Les citernes d’Aramon et de Carignan, sortant du Domaine familiale languedocien pour la Bourgogne, servaient à améliorer les vins produits dans cette région. Cette idée saugrenue de mon enfance, « Meridionalisant » les vins de Bourgogne devrait au contraire m’aider à mieux déguster ce soir.
Pour Franciser un peu cette « épreuve », j’ai imposé le vin de mes amis, du Domaine de l’Ermitage à Menetou Salon qui essaient depuis plus de 30 ans, sans réel succès, à me convertir à leur Pinot alors que j’adore leur Sauvignon Blanc au goût de cassis et de pierre à fusil.
Il est des endroits ou l’on se sent bien et la cour de mon ami Klaus SCHERNER en est un, sous son Châtaigner on profite de la vie, on la déguste… comme ces quelques bouteilles sur la table.
Nous commençons d’abord par le jus récolté dans la journée, 2009 sera une bonne année, déjà du Kirsch ! Les vins arrivent ensuite, chaque année est différente avec cette constance de fruits rouges, de cerise noire, légèrement épicés au nez, plusieurs millésimes de « Spätburgunder » produits sur les coteaux de Flörsheim sont ainsi ouverts et dégustés. Le Menetou Salon 2008 apporte son originalité et ses notes de griottes et de fraicheur, un 2006 de la région de Baden très proche de la Suisse, nous livre sa rondeur et ses aromes de mures, les couleurs sont belles, les tanins fondus. Un « Frühburgunder » de 1996, toujours en vie, termine la dégustation, son nez doit être aéré, le sous bois est présent, la cerise confite remplie la bouche et nous émerveille tous.
Les miracles arrivent et l’on ne s’y attend pas… ou ne serait ce plutôt que seul les ânes ne changent pas d’avis, toujours est il que j’ai aimé cette dégustation de pinots avec ses « Wurtz » grillées et tous ces amis autour de la table sous ce châtaigner.
J’ai toujours pensé que les vins étaient meilleurs, dans leurs Terroirs, rien n’est meilleur qu’un Vihno Verde dans le Minho au nord de Porto, surtout quant il est bu avec un bon plat de « Bacalhau ». Certes ce principe n’est pas très marchand pour les vins et l’on imagine la difficulté qu’auraient les Australiens ou les Néo Zélandais à faire connaitre leur production, tout en respectant les accords de Kyoto et transportant leurs visiteurs à la voile !
L’accord terroir dégustation est indéniable, c’est aussi pour cela que les terroirs existent mais il ne faut jamais perdre de vue que la convivialité et le partage sont à la base de l’appréciation des vins.
