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Vin d’Alsace et Japon : une histoire d’amour 

Le pavillon France à l’exposition universelle d’Osaka

Le pavillon France à l’exposition universelle d’Osaka, qui ouvrira ses portes en avril 2025 ©Thomas Coldefy & Carlo-Ratti Association

Auteur

Lucie
de Azcarate

Date

25.02.2025

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Aux côtés du groupe LVMH, avec ses deux maisons phares : Dior et Louis Vuitton, du leader mondial de l’assurance et de la gestion d’actifs, Axa et de Ninapharm, entreprise de biotechnologies, les vins d’Alsace, sous l’égide du CIVA, sont partenaires Gold du Pavillon France à l’exposition universelle d’Osaka, qui ouvrira ses portes en avril 2025. Les 15 000 hectares du vignoble alsacien tirent leur légitimité comme porte-étendard du savoir-faire viticole français, non de leur étendue (plutôt réduite), mais de leurs liens historiques cultivés entre l’Alsace et le Japon depuis 160 ans. 

Pendant 2 ans, la préparation de l’exposition universelle a mobilisé les équipes du CIVA (Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace) accompagnées par la région Grand-Est. En interne, un nom de code a circulé pour désigner le dossier : PDD, pour « Projet De Dingue ». Philippe Bouvet, directeur marketing du CIVA nous en explique l’origine : « C’est sûr que c’est un projet de dingue, qui s’illustre par la créativité et l’exigence qu’il requiert. En fait, c’est la chance d’une génération qui s’est ajoutée à toutes les missions du CIVA que nous avons continuées à assurer en parallèle ». Avec d’autant plus de pression que c’est sur l’un des plus petits vignobles français que repose la charge de représenter notre savoir-faire viticole. Toutefois, cette place n’est pas usurpée au regard des liens qui unissent le Japon et l’Alsace. 

Alsace et Japon : des liens séculaires 

Les premiers contacts entre des entreprises alsaciennes et les marchands d’Osaka datent de 1863. A l’époque, ce ne sont pas encore les vins qui attirent les Japonais mais le savoir-faire de l’industrie textile mulhousienne pour imprimer, avec finesse, des motifs japonais sur des tissus de laine. Depuis, les relations entre l’Alsace et le Japon se sont étoffées. Dès la fin du XIXème siècle, les étudiants japonais furent nombreux à fréquenter l’université de Strasbourg, un département d’études japonaises a été créé il y a plus de 20 ans, puis le Centre Européen d’Etudes Japonaises d’Alsace en 2001. Les affinités entre culture alsacienne et japonaise continuent d’être cultivées. D’ici 2027, le MEMA, Musée Européen du Manga et de l’Animé ouvrira ses portes à Colmar dans le siège actuel des vins d’Alsace. 

Ces rapprochements culturels ont sans doute été propices à la découverte des vins d’Alsace. Que ces derniers soient majoritairement blancs (90 %) ne gâche rien, les tanins trop marqués ont tendance à rebuter des consommateurs peu familiers du vin. De surcroît, la palette aromatique de ces vins, qui varie entre les différents cépages, la multitude des terroirs d’Alsace et le niveau de sucrosité, permet d’accorder ces vins à toutes les saveurs du Japon, sur les poissons, les viandes et les sauces aigres-douces grâce aux arômes exotiques de certains grands blancs. Ces alliances harmonieuses ont d’ores et déjà inspiré le CIVA dans son restaurant éphémère à Wine Paris. 

L’intégration du collectif au Pavillon France 

Le principe de la participation à l’exposition universelle d’Osaka a immédiatement suscité l’adhésion des vignerons, nous assure Serge Fleischer, président du CIVA. Pour eux, c’est une opportunité rarissime. Déjà 200 vignerons alsaciens exportent au Japon et cette vitrine devrait renforcer la demande. 

Pour mettre en valeur le patrimoine alsacien, il était impossible de s’appuyer sur un traitement « classique » de salon professionnel, la scénographie devait être à la hauteur de l’ambition du Pavillon France, construit sur le thème de l’hymne à l’amour. Pour magnifier les vins d’Alsace, l’expérience immersive plongera d’abord les visiteurs dans les entrailles du terroir alsacien, dans un univers ténébreux évoquant l’importance des sols qui laissera place ensuite à un univers d’or et de lumière. Entre ces deux mises en scène, du terroir et du vin, c’est le savoir-faire des vignerons d’Alsace qui sera mis en exergue. 

verre vin blanc
©Chez Elles

Pour compléter l’expérience, les visiteurs pourront déguster les vins de la région. Pendant les 6 mois de l’exposition, la carte de l’espace restauration du pavillon sera entièrement renouvelée tous les 15 jours afin que 78 vignerons alsaciens soient représentés. Parmi les partenaires Gold, le CIVA est le seul collectif, comme le souligne Philippe Bouvet : « La signature CIVA, ce n’est pas d’être une entreprise, mais une filière, un territoire. Le simple fait que les vins d’Alsace participent, c’est un message collectif ». Avec le vignoble d’Alsace, la France se dote d’un bel échantillon pour représenter son savoir-faire viticole d’autant que le CIVA a pris cette mission à cœur : « Nous représentons le vignoble alsacien mais aussi l’ensemble des vignobles français et, in fine, notre gastronomie, notre art de vivre. » Tout un programme…