Vendredi 4 Avril 2025
©Carlos Herrero
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Date
03.04.2025
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La filière française des vins et spiritueux craint un recul d'environ 800 millions d'euros d'exportations pour les entreprises de l'Hexagone suite aux droits de douane de 20% imposés aux marchandises de l'UE par l'administration Trump, selon un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi.
La menace brandie par Trump de taxes américaines à hauteur de 200% n'a finalement pas été au bout. Mais la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) juge tout de même que la décision des Etats-Unis d'appliquer un droit de douane général de 20% sur tous les produits importés de lUnion européenne "entraînera des conséquences extrêmement lourdes sur le secteur des vins et spiritueux français et européens", et "aura également un impact extrêmement négatif sur les importateurs, grossistes et détaillants américains". En France, "on peut craindre un recul des exportations d'environ 800 millions d'euros, ce chiffre passant à 1,6 milliard pour l'UE-27. Un tel recul aura un impact énorme sur l'emploi et l'économie du secteur", déplore la FEVS. Elle souligne "l'importance de conserver un dialogue bilatéral ouvert et constructif autour d'un agenda positif sur les sujets de commerce transatlantique", "favorisant l'accès équitable et réciproque aux vins et spiritueux par l'élimination des droits de douane des deux côtés de l'Atlantique".
De son côté, la Confédération nationale des appellations d'origine contrôlées (CNAOC) estime à "plusieurs centaines millions d'euros pour la filière" l'impact des nouvelles taxes douanières américaines, rappelant que le marché américain représente près de 25% des produits viticoles exportés sous indications géographiques (AOC et IGP). Pour les eaux-de-vie (Cognac et Armagnac), "c'est une catastrophe d'une ampleur inimaginable. En addition du conflit avec la Chine, ces taxes vont mettre en très grande difficultés notre filière, avec un risque de cessations d'activité en chaîne en Charentes notamment", souligne Anthony Brun, vice-président de la CNAOC et président de l'Union générale des viticulteurs pour l'AOC Cognac, cité dans le communiqué.
Pour les eaux-de-vie (Cognac et Armagnac), "c'est une catastrophe d'une ampleur inimaginable. En addition du conflit avec la Chine, ces taxes vont mettre en très grande difficultés notre filière, avec un risque de cessations d'activité en chaîne en Charentes notamment", souligne Anthony Brun, vice-président de la CNAOC et président de l'Union générale des viticulteurs pour l'AOC Cognac, cité dans le communiqué. Sur un ton appelant elle aussi à l'apaisement, l'organisation SpiritsEurope "regrette que les spiritueux européens soit touchés par ces droits de douane", relevant que le secteur "soutient de nombreux emplois des deux côtés" de l'Atlantique. "Nous voulons nous assurer d'un retour à un environnement offrant une croissance continue à la fois pour les producteurs européens et américains", plaide le lobby européen des spiritueux, qui "salue le désir de l'UE d'atteindre une solution négociée".
Jeudi matin, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a tendu la main aux Américains pour trouver une solution négociée à leur offensive sur les droits de douane, qui touche de nombreux secteurs et tous les continents. Concernant les alcools européens, Donald Trump avait menacé de passer ses surtaxes à 200% si l'UE incluait le bourbon et les whiskys américains dans sa liste de rétorsions, comme elle l'envisageait. Depuis, Bruxelles a reporté à la mi-avril la publication de sa liste de représailles. Les représentants du secteur appellent l'Union européenne à laisser le bourbon et plus généralement leur activité hors du conflit. Depuis un accord UE-USA de 1997, les spiritueux sont exonérés de droits douaniers de part et d'autre de l'Atlantique. Pour "construire une relation commerciale positive" avec les Etats-Unis, les exportateurs français proposent aujourd'hui de faire de même pour les vins, encore soumis à de faibles taxes.
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