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Un domaine de Cahors repris par la cave coopérative Vinovalie 

personne devant panneau de domaine

Jean Roche, Elodie Marsoni et Jacques Tranier à l'entrée du domaine Croze de Pys. ©E. Centis

Auteur

Elisa
Centis

Date

24.02.2025

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Le domaine Croze de Pys était menacé de disparition. Vinovalie reprend l'exploitation et les marques de ce vignoble de 55 hectares situé au cœur de l'appellation Cahors. 

Autour de son chai, s'étalent des vignes à perte de vue. « Vire-sur-Lot, c'est une toute petite commune quasi exclusivement viticole », fait remarquer Jean Roche, ancien propriétaire du domaine qui a vendu ce vignoble familial à la société Vins et compagnies en 2015. En janvier, l'ancien propriétaire est revenu pour une dégustation sur l'invitation de Jacques Tranier et Elodie Marsoni, deux responsables de la cave Vinovalie. En effet, ce groupe coopératif devrait bientôt être le repreneur officiel du domaine, qui, le printemps dernier était menacé de disparition. 

« Un chef d'œuvre en péril »

« En mars 2024, j'ai appris que le domaine Croze de Pys était en quasi liquidation », se souvient Jacques Tranier. Pour le directeur de Vinovalie, le domaine est tout de suite apparu comme « un chef d'œuvre en péril ». En effet, à la même période alors que le printemps débute, seul un tiers des 55 hectares sont taillés. En plus de faire une proposition d'achat, Vinovalie demande l'autorisation d'intervenir rapidement afin de sauver « le patrimoine viticole », insiste Jacques Tranier. « Dans la plupart des cas, un vignoble qui n'est pas taillé une année n'est pas du tout repris. » Si ces parcelles n'avaient pas été travaillées peut-être auraient-elles fait partie des surfaces arrachées dans le cadre du plan national autorisé à l'automne 2024, suggère le directeur de la coopérative. Pour Elodie Marsoni, Jacques Tranier comme Jean Roche, cela aurait été une grande perte. 

« Il y a sur l'appellation Cahors neuf terroirs. Ici, nous sommes sur l'un des plus beaux. La climatologie y est plus clémente », précise Elodie Marsoni, directrice du site des Côtes d'Olt et œnologue de la cave pour la partie lotoise. « Les vignes sont 8 à 10 jours plus précoces que sur le reste de l'appellation. » Et Jean Roche de poursuivre : « Nous sommes sur des graves. Les vignes sont plantées très près du Lot. Ici, je faisais des vins fruités, avec de la souplesse et de la rondeur », décrit l'ancien œnologue, qui avant de revenir au domaine en 1992, était directeur de la cave coopérative de Rabastens. « Mes parents avaient repris quelques vignes après la gelée de 1956. Quand ils m'ont transmis le domaine, il y avait une vingtaine d'hectares. J'ai continué à le développer. Je m'étais beaucoup investi. Je suis content qu'il soit repris par une structure solide. » 

Un client historique conservé 

En mai 2024, en attendant la fin de la procédure judiciaire et la désignation d'un repreneur, Vinovalie a été autorisée à intervenir dans les parcelles. En janvier 2025, la cave sait désormais qu'elle sera officiellement propriétaire dans quelques mois. Pour acquérir ce domaine, dont le prix reste confidentiel, Vinovalie a monté une société au sein de laquelle se trouve plusieurs actionnaires, afin de ne pas être seul à financer l'achat. « Cette société a acheté pour louer à une société d'exploitation agricole détenue par Vinovalie. » En reprenant, la cave conserve le fonds de commerce du domaine et une clientèle, notamment le belge Delhaize partenaire de Croze de Pys depuis 1977. « Nous avons été introduits auprès d'eux par le vendeur. Ils ont dit qu'ils souhaitaient conserver les cuvées Château Croze de Pys Prestige et Château Croze de Pys Tradition. » En plus de maintenir les marques Croze de Pys, Elodie Marsoni souhaite utiliser ces parcelles pour faire des recherches sur des profils de vins. Ce vignoble qui produit des vins AOC Cahors et IGP Côtes du Lot (en moyenne 300 000 bouteilles par an) présente la spécificité de compter 10 hectares de cépages blancs (chardonnay, l'ugni blanc et chenin). Ce qui est plutôt rare pour une appellation de rouge. Même si la cave a repris, « Vinovalie n'a pas vocation à devenir propriétaire », tient à conclure Jacques Tranier. « C'est du patrimoine viticole qui pourra être racheté par un coopérateur qui veut s'installer. »